lundi 9 juin 2008

Visite d´un centre médical


Nous avons visité un petit centre de médecine (" Mission Barrio Adentro") où Betty Martinez pratique la médecine. Elle vient de Mérida. Dans son quartier, elle voyait les enfants accidentés sans aucune aide médicale possible. C'est cela qui l'a motivé à être docteur dans les quartiers pauvres de la ville. Elle a 1000 dossiers et 5494 patients à a maison médicale. C'est énorme pour cette femme qui travaille du matin au soir avec visites à domicile les après-midi.




Visite d´un centre social


Visites des « missiones »

Une des premières mesures qu'a pris le gouvernement Chavez, c'est de créer des « missiones » (centre de médecine, d'alimentation à prix réduits, de formation professionnelle, etc.).






[Photo: achat de nourriture dans le centre]


[Photo: coopérative de fabrication de chaussures]



Nous sommes allés au « Noyau de développement endogène ». C'est un centre créé avec l'argent de PDVSA (société publique pétrolière) sur un ancien site de la société.
Ce site regroupe des coopératives (textile, chaussures, alimentation) ainsi qu'une clinique. Un centre de formation professionnelle, le supermarché et une école sont encore en construction.








Au Vénézuela, les patrons voient d'un mauvais oeil que l'argent du pétrole ne va plus dans leur poche mais est investit dans de tels projets. C'est pour cela que certains aliments disparaissent des marchés pour être vendus par les entreprises, en contrebande en Colombie. C'est pour régler ce problème que le gouvernement a créé ces coopératives d'alimentation.
























Ce centre est dans le quartier de Catia où vivent 1,7 millions de personnes.
Dans ce centre sont aussi organisé des voyages pour les enfants pendant les vacances, ainsi que des spectacles une fois par mois.
10 cliniques ont ainsi été créées dans les quartiers. En plus des très nombreux petits centres de médecine.





[Photo: docteur du centre]













Un témoignage que nous avons eu plus tard nous dira que ce centre ne fonctionne pas trop bien. Mais le site est flambant neuf, et encore en partie en construction. Ici, l'argent du pétrole va enfin pour développer autre chose que les poches des patrons du pétrole !

Premières rencontres syndicales

Nous savions que le monde syndical vénézuélien est en pleine mutation. Les anciennes structures (CTV, Codesa) ont perdu beaucoup de crédit lors de leur participation à la grève pétrolière des patrons contre le gouvernement (2003). De nombreux syndicalistes et affiliés ont alors rejoint une nouvelle organisation syndicale.








[Photo: partout dans la rue on retrouve des peintures murales politique]


A Caracas nous rencontrons Jacobo Torres, responsable des relations intérnationales de la Fuerza Bolivariana de Trabajores. Il nous explique que moins de 20% des travailleurs sont syndiqués. 80% des syndiqués se trouvent dans les entreprises publiques. Les secteurs privés les mieux représentés sont le graphisme (édition, impression, ...) et l'alimentaire. ll existe dans le mouvement syndical beaucoup d'opportunisme et de clientélisme. Il existe aussi beaucoup de courants différents (trotkistes, chrétiens, révolutionnaires, ...).
Le mouvement bolivarien (du président Chavez) estime qu'ils ne sont pas suffisamment implantés dans les syndicats, alors que les ouvriers forment une force importante pour le processus de changement de société. Ils ont donc crée la Fuerza Bolivariana de Trabajores parce qu'ils estiment qu'ils ont besoin d'un nouveau syndicat unifié, qui a tenu son premier congrès en janvier 2007. En avril 2008 le deuxième congrès a rassemblé 1200 délégués, de 14 fédérations, rassemblant 800 syndicats locaux. Ils insistent beaucoup sur la présence des délégués de base. Ils souhaitent donc que la centrale soit composé par des délégués élus dans les fédérations. L'organisation regroupe quelque 2 million d'affiliés. Ils ont développé 16 écoles de délégués syndicaux dans le pays avec de l'économie, de l'histoire, le matérialisme, etc. Tout se fait en formation permanente au cours du soir. Les délégués sont ainsi formés à s'impliquer plus dans la société.





[Photo: un des nombreux centres commerciaux de Caracas]




Nous sommes également allés voir une réunion de l'UNT, tout en haut d'un building (hôtel) de Caracas, le Centre International Miranda. Ici se donnent des formations par des étrangers principalement. La réunion regroupait des délégués de plusieurs centrales et d'autres sympathisants. L'UNT dit regrouper 1 million de membres, même si certains membres de certaines centrales ne savent pas qu'au niveau national ils font partie de l'UNT. Au sein de l'UNT il y a au moins 4 tendances différentes.

Après ces premières discussions avec les responsables nous attendons à voir les travailleurs et leurs délégués sur le terrain.



[Photo: scène dans les rues du centre de Caracas]

vendredi 6 juin 2008

À quoi ressemble Caracas ?

[Photo: palais de Miraflores et la chaîne de montagne El Avila en fond]


Caracas est une ville qui bouge énormément. Les piétons, les 4x4 blinquantes, les vieilles voitures américaines cabossées et rouillées, les moto-taxis s'y frôlent anarchiquement, dans les carrefours plus ou moins dirigés par le sifflet bitonal d'un policier motivé, qui doit faire attention à ses bouts de pieds.

Une chose est certaine : la ville vit. La journée, pas une seule rue n'est vide. Pas un seul moment n'est silencieux. N'importe quel Caraqueño vous le dira : un coup de klaxon n'a jamais fait de tort! Cela aide à fluidifier le trafic, c'est indéniable. Cela sert à dire qu'on va passer, qu'on veut passer, à s'impatienter, à patienter, et à embellir la ville. Qu'y a-t-il de plus beau qu'un concert de klaxons mêlé aux sifflets (style carnaval de Rio!) des policiers et des cris des chauffeurs de motos ? Quoi de plus poétique qu'un feu rouge brûlé à du 2 à l'heure (la nuit ça monte à 50 à l'heure, style rallye) ? Qu'une bande d'arrêt d'urgence utilisée comme bande de circulation ? Qu'une moto roulant à contresens dans un boulevard à sens unique ? Qu'une voiture sans phare la nuit ?

[Photo: les empenadas...!]





Il semble ne pas y avoir de priorité ici. Mais ce n'est qu'une apparence. Car l'expérience nous montre que les motos ont priorité absolue. Sur les piétons, les voitures, les bus, et ce quelque soit la couleur du feu. Ensuite viennent les 4 roues qui respectent les feux tant qu'il y a des véhicules à laisser passer. Enfin les piétons sont tenus de faire gaffe à leurs fesses. Les passages cloutés étant réduits à de l'art urbain : d'aucune utilité ou signification particulière.
Malgré cette apparente loi de la jungle routière, les Caracaños sont très disciplinés. Dans le métro, par exemple, les gens font la queue. Les jeunes cèdent leurs places aux plus âgés ou aux mamans. Et même lorsqu'on est serrés contre des soufflés à la silicone, il y a très peu de bousculades, et beaucoup de politesse.
Un autre fait frappant, c'est que les gens nous interpellent tout le temps sur la politique du pays, du monde.




[Photo: Centre commercial du quartier chic]













[Photo : rue du centre de Caracas]

jeudi 5 juin 2008

Qu'est-ce que l'Ateneo Popular ?

Depuis que nous sommes arrivés à Caracas, nous logeons dans un lieu nommé l'Ateneo Popular. C'est un genre de centre culturel qui héberge des gens de passage, ou d'auberge de jeunesse thématique tenue par des jeunes engagés. C'est un endroit sympathique et propre qui contient, outre les chambres et la salle de bain, une petite salle de spectacle, une bibliothèque, une salle commune et une terrasse. Le café est offert le matin.


Un lieu étonnant où l'on croise :
  • des belgo-vénézueliens barbus;
  • des chicas vénézuéliennes sujettes au vertige;
  • des vieux français de 80 ans ayant combattus aux côtés du Che, et portant des habits de guerillero cubain, achetés en solde la semaine passée chez Decathlon au rayon pêche et chasse.
  • On y trouve aussi quelques chiens réveil-matins;
  • des français en mal de leur langue maternelle;
  • ainsi que des colombiens de passage au Vénézuela dans leur quête ...pardon... dans leur lutte politique;
  • et surtout surtout, ceux à qui je voue personnellement une lutte idéologique et physique sans merci. L'ennemi ! Les moustiques sans scrupules et assoiffés de sang qui sortent la nuit pour nous attaquer lâchement de leur dard insatiable.

mercredi 4 juin 2008

Premier jour... plein la vue !

Nous voici dans un petit centre culturel de Caracas qui a quelques lits à proposer aux voyageurs de passage.
Sébastien nous a accueilli le premier jour. C'est un jeune montois qui vit à Caracas depuis 2 ans.

Le moins qu'on puisse dire c'est que le voyage commence fort !

Grâce à Sébastien, nous sommes allés visiter "Vive TV", la télévision communautaire nationale vénézuélienne.

[Photo: studio de montage de Vive TV]

[Photo: chambre de contrôle du plateau de Vive TV]

[Photo: Vive TV est dans le bâtiment de la bibliothèque de Caracas où avaient lieu les élections sociales qui se tiennent tous les 2 ans]

La chaine fonctionne depuis 2 ou 3 ans.

[photo: Adam et Sébastien, Vive TV]

600 personnes travaillent à Vive TV, ce sont des employés de l'Etat. 100 autres personnes donnent des coups de mains de temps de temps. Le but de cette chaine est de donner la parole à ceux qui ne l'ont jamais eu: les gens des quartiers pauvres, les travailleurs, les artisans, etc. Le but est de faire connaître leur vécu dans tout le vénézuéla.

[Photo: en route vers le "barrio" de Caracas, barrio Isaia Medina Angarita]

Le soir, nous avons acompagné une équipe dans un "barrio", un quartier pauvre à flanc de montagne. "En Belgique, on dit que les barrios de Caracas sont très dangereux, c'est vrai ? Oui, tout à fait, la vie est très dure ici. "

Comme on nous a dit que les rendez-vous ne sont jamais tenus chez les vénéuéliens, nous sommes arrivés une heure plus tard au studio. Et l'équipe était déjà partie. Nous voila donc partis avec un autre collaborateur dans une camionnette à travers les petites rues et ruelles des barrios qui font parfois 25% à 30%. Des embouteillages partout, les gaz d'écappement, les klaxons qui sonnent à tous les coins de rues, ... Bruxelles n'est alors qu'une ville paisible à nos yeux. Après une heure et demi nous arrivons enfin au lieu de tournage.

[Photo: Emission postposée pour cause de pluie torrentielle!]

Une femme d'une soixantaine d'année nous accoste: "vous devez dire que grâce à Chavez, j'ai pu me faire opérer à coeur ouvert complètement gratuite. Je n'ai rien payé du tout ! J'ai maintenant une petite pension de 700 bolivars (+/-200 euros par mois). J'ai travaillé 43 ans comme vendeuse."

L'installation est impressionnante: lumière, studio complet reconstitué, etc. 2 camions de matériel sont ainsi déployés dans ce quartier. Malheureusement, la pluie tropicale a obligé l'équipe à annuler l'émission. Le but de l'émission est de donner la parole aux gens, pour qu'ils dénoncent, ce qui ne va pas das leur quartier.

"On a jamais vu la presse privé arriver ici" nous explique Adam, un collaborateur de Vive TV. Ils sont venus une semaine plus tôt pour préparer l'émission avec les habitants. "Les média privés n'osent pas venir ici. D'abord parce que nous ne les intéressons pas, ensuite parce qu'ils se feraient jeter du quartier par les habitants d'ici ! En 1989, il y a eu une révolte à Caracas, cette place était remplie de gens assassinés. Des camions se remplissaient des corps sans vie." [cette révolte a pour nom le Caracazo et est un moment clé dans l'histoire du pays, nda].


mardi 3 juin 2008

Arrivée à Caracas

¡Hola!

Nous voilà enfin arrivé à Caracas. Après 19h de voyage avec une escale à Atlanta pour moi. David et Antoine sont arrivés plus tôt par Francfort.

[Photo: Antoine et David dans l'avion de Frankfurt à Caracas]

Après 15 km, j'aperçois les lumières sur la colline. Le taximan m'explique: « C'est ce qu'on appelle El Cerro, le quartier des pauvres. Souvent il n'y a même pas d'eau potable, l'électricité est prise directement sur les câbles à haute tension. »

Les maisons en briques sont accrochées les unes aux autres, sans fenêtres. Comment font-elles pour tenir debout ?!
Après une demi-heure de recherche on trouve enfin le petit centre culturel « Ateneo Popular de Caracas », dans le quartier de l'université centrale. Antoine et David sont déjà au lit.

P.S. J'ai eu le temps de lire un livre des années '70 sur la vie de Dominica, une femme de mineur bolivienne. Un témoignage poignant sur les conditions de vie et de travail dans les mines. Les familles qui vivent dans une pièce avec tous les enfants, dans le froid permanent à 4.000 m d'altitude, avec la crainte constante de perdre son emploi, une durée de vie de 35 ans pour les hommes, qui meurent souvent de l'épuisement du labeur et de la silicose. Mais le livre parle aussi des luttes des mineurs et de leurs femmes. Elles contribuent à la lutte pour de meilleurs salaires, pour le maintienien de l'emploi, malgré une répression féroce. Une lecture à conseiller pour connaître l'histoire de la Bolivie et reconnaître le rôle des femmes dans la société. Une réalité que j'irai découvrir dans 2 mois avec Aurine.

Le livre existe en plusieurs langues (français, néerlandais, anglais, ...):

http://www.amazon.com/Speak-Testimony-Domitila-Woman-Bolivian/dp/085345485X